Un message d'une blogeuse de mon groupe matriarchie (je classe ainsi mes blogs favoris par catégories) m'interpelle aujourd'hui. Je vous invite à la lire quand elle parle Du P'tit Brin. Parce que ça parle d'éducation des enfants. J'en ai parlé un peu dans une chronique. Ce n'est pas tout à fait la même chose dans l'un et l'autre texte, mais ça y revient.
Parce que tout revient à ça. À la façon dont chacun élève ses enfants.
Quand on a aménagé dans la maison, Zoé avait dix mois et Alexandra, deux ans de plus. Dix mois plus tard, la troisième coquine faisait son entrée triomphale dans notre famille. Cet hiver-là, je me suis fais des angoisses incroyables. Je laissais mes deux filles de pas-tout-à-fait-deux-et-quatre-ans jouer dehors seules dans la cour clôturée (elles adoraient ça). Puis l'été est arrivée. Si elles voulaient jouer en avant, je devais être là. J'avais envie d'acheter une laisse pour être certraine qu'elles n'aillent pas trop loin. J'aurais voulu me les attacher sur les flans et les garder dans la maison, en sécurité avec moi. En avant, il y a une rue, il y a des voitures, il y a potentiellement des inconnus...
À quelques maisons, une petite fille. Un an de plus que ma grande. Elle va au parc seule depuis qu'elle a quatre ans. D'accord, le parc n'est pas loin. Mais il y a une rue à traverser et elle n'est pas sous le regard protecteur de sa maman. Honnêtement, je trouvais que sa mère était cinglée.
Quant à moi, j'ai dû passer pour une méga-freak. La première fois que j'ai laissé les filles jouer dehors seules dans une maison que je ne vois pas de mon porche avec d'autres enfants de la rue jusqu'à la noirceur, j'étais assise dans mon salon, souliers au pied, prête à me précipiter dehors, un livre à la main et les yeux sur la rue, et j'hallucinais des cris (horreur, mes filles m'appellent, elles se font enlever ou agresser). J'ai recommencé à respirer quand j'ai vu les trois petites têtes sur le trottoir. Elles étaient exaltée de leur expérience. J'ai mis des jours à m'en remettre. Mais j'étais fière de leur avoir fait confiance. C'était il y a deux ans.
Elles, elles sont prêtes à y aller. C'est moi qui ne l'est pas. Et j'ai peur qu'à force de les retenir comme ça, je les brime. Mais en même temps, si quelque chose leur arrivait parce que je les ai laissé aller plus loin, je ne me le pardonnerais jamais. Si j'en faisais des traumatisées, non plus. Je ne crois pas au règne par la peur, mais je crois à la prudence. Mais... la marge est si mince!
Demain soir, quand Chéri rentrera, je partirai à pied pour aller chercher ma grande pas trop loin de la maison. Nous reviendrons ensemble. On fera ça quelques vendredis, puis elle rentrera seule. Elle est prête à le faire. Je crois que je le suis aussi.
Pour elle, c'est une certitude. Pour moi... je vais m'y habituer.
jeudi 2 avril 2009
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